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Rencontre fortuite

Il est des jours comme celui-là, qui ne se passe pas exactement comme prévu. On se prépare à faire une fête d’enfer et au final et on a un coup de blues. On n’arrive pas à se mettre dans l’ambiance. Alors soit on se met minable en picolant n’importe comment ou soit on reste dans son coin enfermé dans des pensées moroses.

Ils étaient deux dans cet état.

Elle, parce que sa meilleure amie, sa confidente, celle avec qui depuis le lycée, elle avait partagé toutes les aventures, fait toutes les découvertes, fêtait bruyamment le renoncement à sa liberté.

Lui, parce qu' il était à s'ennuyer, seul célibataire dans un groupe de couples heureux, avec leurs histoires de couples, d’espoirs d’enfants, de projets de maisons, d’avenir des gosses, de vacances chez les grands parents. Lui n’avait que des histoires de célibataires, de nanas rencontrées, de bringues de fêtards, de solitudes aussi.


Il s’éloignât lorsque la moitié de la table se mis à débattre sur la réforme des méthodes pédagogiques et l’autre des solutions pour faire passer au mieux les premières dents du premier né, le tout dans un brouhaha inaudible.


Il faisait doux cette nuit là. La journée avait été chaude mais d’une chaleur sèche que l’on supporte assez bien si on s’hydrate. En s’écartant, il entendait plus clairement le groupe de fêtards qui s’exprimait plus loin dans le camp, en chantant la pérennisation de la tradition maritale.

Lieu festif par excellence, le restaurant d'AgafayNomadCamp est particulièrement propice à recevoir des événements
Terrasse du restaurant d'AgafayNomadCamp

Les joyeux noceurs festoyaient sous un chapiteau ouvert aux quatre vents. De loin, le contraste entre l’exubérance de lampions qui éclairaient la noce est le ciel zébré par la voie lactée était surprenant. Deux mondes tellement différents qui s’ignoraient mais qui se toléraient.

En s’écartant plus encore, le nombre d’étoiles visibles augmentaient, offrant un spectacle d’une beauté qui engendre une douce mélancolie. Non pas une mélancolie cafardeuse, une mélancolie où il est bon de se réfugier, pour penser … à rien.

C’est si bon de penser à rien, lorsque le rien fait fuir ce à quoi on ne veut pas penser.


En descendant le vallon qui menait vers le canyon à gauche du camp, la musique et les rires s’estompèrent. Il entrait dans le royaume de la nuit. Il se mit à marcher prudemment. La pente s’accentuait et les cailloux qui roulaient sous ses pieds rendaient la poursuite de la descente glissante. Ses yeux encore éblouis par la profusion des lumières, pas encore capables de percer la nuit noire, tentaient de trouver des repères, des silhouettes identifiables.

Mustafa, le gardien du camp, avait raconté que parfois à la nuit tombée, ils voyaient les petits renards du désert erraient en quête de nourriture. Par jeu, pour s'occuper l' esprit, il tentât d’en repérer un.

Les noceurs s’en donnaient à cœur joie. L’ambiance était bon enfant. la mariée resplendissait de bonheur. Le marié fier de se voir l’époux d’une si pétillante jeune femme ne la quittait pas des yeux.

De quoi rendre jalouse toutes les copines, de tant de bonheur.


Non, elle n’était pas jalouse, bien au contraire. Elle était contente de voir sa copine rayonnait. C’était une fille bien sa copine, elle méritait ce qui lui arrivait. Il avait bien de la chance ce garçon qu’elle ne connaissait que peu. Certes, il était sympathique, incontestablement intelligent, ouvert dans les discussions, de l’humour et en plus un bel avenir professionnel, mais tout ça avait été un peu trop vite à son goût. Six mois à peine avant de s’engager et en se voyant que les week-ends, c’est un peu short pour convoler en justes noces.

Que tu fréquentes quelqu’un un mois ou dix ans , une fois mariée ça marche ou sa marche pas, lui avait répondu celle qui ne tenait pas à laisser s’échapper un prince charmant.

Oui, il était vraiment charmant son prince qui allait l’enlever dés demain pour la conduire vers une autre ville pour une autre vie. Une vie où il n’était pas prévu de place pour une meilleure amie.


Un deuil ou tout au moins un arrachement douloureux pour Karine.

« - Tu viendras me voir à Toulouse autant de fois que tu en auras envie, notre amitié est immuable. Tu verras Toulouse est une ville magnifique, avait-dit la resplendissante de bonheur. »


Autant de fois que tu en auras envie, ce n’était même pas une vraie invitation. Une invitation comprend une date, c’est quelque chose de réfléchi, de sérieux, un engagement une invitation. Passe me voir quand tu veux, ce n’est pas une invitation, c’est une formule de politesse.

Ils en étaient donc déjà là à échanger des formules de politesse.


Bien que progressivement ses yeux commencèrent à s’habituer à percer la profondeur de la nuit, il en était à faire le constat que les renards ne sont pas des animaux facile à apercevoir. En réalité, il y avait fort à penser que si un de ces sympathiques fennecs se tenait à deux mètres de lui, il ne l’aurait pas vu. D’ailleurs, c’est à peine si il avait vu ce gros rocher sur lequel il faillit trébucher et qui cria :

" - Attention !

Le désert d'Agafay et plus particulièrement AgafayNomadCamp est un lieu privilégié pour l'observation des étoiles
Voie lactée vue d'AgafayNomadCamp

Un rocher parlant, même ici dans le pays des légendes, ça surprend, ce n’est pas ordinaire.

« - Qu’est-ce que vous faites ici ? , demanda le chercheur surpris