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Soirée Soufi mon Amour , j'y étais

Soirée Soufi mon Amour : J’y étais

Si je devais résumer cette soirée en une seule phrase, elle serait

Les absents ont eu tort


Certes tous n’auraient pas pu avoir cette chance rarissime de passer cette incroyable soirée avec ce fabuleux conteur HASSAN EL JAÏ et le formidable musicien HAJ BAYATI.

C’était complet.

Il ne reste maintenant qu’à regretter que ce fut la dernière ces trois soirées ramadanesques sur ce thème programmé par Olivier. Mais, nous pouvons aussi espérer, voire exiger de lui, qu’il les renouvelle sous une forme ou une autre.



Ecouter un conteur ne m’étais jamais arrivé. La modernité a quasiment laminé ces transmetteurs de la culture orale pour laisser place au bug, à la superficialité, aux images furtives qui se chassent les unes les autres sans impacter le moins du monde nos réflexions.

Alors venir écouter ce conteur était pour moi une démarche de touriste curieux. J’allais voir un spectacle sur une culture qui n’est pas la mienne. J’étais loin d’imaginer que je n’en sortirai pas indemne.


Si à priori le lieu choisi pour un tel événement ne semblait pas très pratique, loin de tout, ce fut en définitive l’endroit idéal. Le camp d’AgafayNomadCamp en plein désert d’Agafay loin du tumulte des villes dégage une sérénité, exacerbe la conscience, permet le lâcher prise qui rend réceptif à l’écoute. Certains ne s’y sont pas trompés, ils sont venus spécialement de Casablanca et de Tanger pour vivre cette soirée d’exception. Ils n’ont pas regretté l’effort de parcourir cette longue route.


Je ne vous parlerai pas du si sympathique accueil du personnel du camp, ni du délicieux F’tour qui mit fin au jeûne, ni de l’excellent dîner servi après la prestation d’HASSAN EL JAÏ. La gastronomie fait partie de la culture du camp et Olivier ne fait l’économie d’aucun moyen à la satisfaction de tous.

Hé oui, je vous l’ai dit, les absents ont eu tord.


Le F’tour consommé, HAY BAYATI chanteur et joueur de Luth entonna une première chanson qui fut reprise spontanément par tous. Il n’en fut pas quitte, les demandes se succédèrent. L’ambiance à la joie, au plaisir du chant et de la musique aurait pu durer toute la nuit.

Olivier prit la parole pour présenter le très attendu HASSAN EL JAÏ.

Sincèrement, je ne m’attendais pas le moins du monde à l’ expérience qu’il allait nous faire vivre.

Par quel sortilège a-t-il pu ainsi s’accaparer de notre esprit et nous entraîner dans une autre dimension temporelle ? Et combien d’Hassan y avaient-ils ? C’est impossible que tous les personnages fussent uniquement ce conteur ! Le tenancier cruel était bien un tenancier cruel, la mégère une vraie mégère en chair et os, le Soufi Derviche un authentique Soufi derviche, et cette malheureuse jeune fille, une bien malheureuse jeune fille, et nous, nous étions littéralement fascinés par les personnages.

Bien entendu je meurs d’envie de vous raconter plus encore ce qui c’est passé, mais par respect pour vous, pour vous donner la chance de la découverte, je ne ferais que vous inciter à demander à Olivier de réitérer cet événement qui sera à jamais l’un des moments forts de ma vie.

Je vous ai dit c’était du génie à l’état pur, mais trop court avec le regret que cela soit déjà terminé.

« - C’était fabuleux, dommage que ce fut aussi court. Il nous laisse sur notre faim, dis-je à ma voisine.

- J’ai eu moi aussi l’impression, mais je viens de regarder l’heure. Il a parlé pendant deux heures.

- Deux heures ? Non ! une grosse demi-heure , trois quart d’heure peut-être.

- Pas du tout, deux heures, mais j’ai la même impression que toi, il a captivé notre attention jusqu’à nous faire perdre la notion du temps. »

J’ai interrogé toutes les personnes présentes, toutes ont ressenti cette même impression.

Ah ! Ça pour avoir tort, les absents ont eu tort.

Non ! Je ne vais rien vous dévoiler de plus, mais, je vais faire un vœux pour vous. Que vous aussi ayez la chance de vivre ce que nous avons vécu durant cette soirée.

Tous les présents sont unanimes, cela restera à jamais dans notre mémoire comme une des plus belles aventures de notre vie. Ben oui ! dommage pour les absents.


J’ai aussi réalisé suite à la prestation d’ HASSAN EL JAÏ ce que pouvait être la force de l’enseignement oral, lorsqu’il est porté par de tels maîtres. J’ai absorbé son enseignement, je me suis imprégné de son message, mille fois plus efficace que la lecture de mille livres. Quelle formidable leçon !

Les nourritures du corps succédèrent à ceux de l’esprit, par un divin dîner concocté par un grand Chef, chef de restaurants étoilés français et belge. C’était délicieux, je l’ai déjà dit, il faut redire parfois les choses lorsqu’elles le méritent.